Lors de cette journée, on s’est intéressé à ce qu’on qualifie de « bâti ancien », c’est-à-dire celui construit avant la seconde guerre mondiale et, pour beaucoup, avant la généralisation des modes constructifs industriels. Il peut s’agir de bâtiments remarquables protégés par un classement ou un inscription MH, comme la Maison Giono, mais aussi de bâtiments plus ordinaires : maisons, fermes, bâtiments de production, centres anciens…
Ces bâtiments ont été conçus avec des matériaux, des techniques et des savoir-faire particuliers, qu’on peut appeler technique ancienne ou traditionnelle : la pierre, la terre, la chaux, les bois locaux, le réemploi… mais aussi toute une connaissance du comportement des bâtiments et des gestes qui les accompagnent. Une partie de ces savoir-faire s’est progressivement perdue ou marginalisée avec l’industrialisation et la standardisation du secteur du bâtiment.
Pourtant ces compétences sont encore bien présentes dans le champ du patrimoine remarquable qui constitue donc une forme de laboratoire, un contexte d’excellence, qui permet parfois de contourner le cadre normatif, et dont nous pouvons nous inspirer. Car l’enjeu est de ne pas réserver ces techniques aux seuls bâtiments protégés. Une grande partie du bâti ancien est beaucoup plus ordinaire, mais elle mérite elle aussi d’être réhabilitée avec des techniques adaptées. Pour réhabiliter qualitativement et durablement ce bâti ancien, on a donc besoin d’une montée en compétence de la filière, par l’expérimentation et par la transmission des savoir-faire anciens, aujourd’hui protégés dans le champ du patrimoine.
L’objectif de cette journée est donc de faire dialoguer patrimoine et approche environnementale, dans l’idée que les deux poursuivent des objectifs communs et ont à s’apporter.
Cette journée de rencontre a donc permis d’aborder les 3 problématiques qui les résument :
- En quoi les techniques anciennes sont-elles les alliées de la réhabilitation durable du bâti ancien ?
- Associées au patrimoine remarquable : comment les étendre à l’ensemble du bâti ancien ?
- Comment transmettre ces savoir-faire et répondre au risque de leur disparition ?
Elle s’est articulée selon le programme suivant :
- - Présentation du projet du Gîte d’étape et bistrot de pays à Vitrolles-en-Luberon (BDM Bronze en phase Conception), par Sébastien Maucci (Albedo, accompagnateur BDM) et Philippe Montoux de l’entreprise Bâti Vérone
- - Présentation du projet de restauration de la maison Giono et de la maison de site, avec les architectes Sébastien Cord et Régis Roudil, et Angelina Barrier des Compagnons de Castellane
- - Table-ronde Comment développer et transmettre les savoir-faire pour la réhabilitation durable de l’ensemble du bâti ancien ? avec Sébastien Cord, architecture patrimoine, Régis Roudil, architecte, Angelina Barrier (Les Compagnons de Castellane), Pierre Sallé (centre de formation Le Gabion) et Jean-Pierre Schwartz (Alpes contrôles)
- - Déjeuner convivial au futur tiers-lieu La Glacière, encore en chantier, projet BDM Argent en phase Conception
- - Présentation et visite de La Glacière, par Eric Pierron, architecte de R+4 architectes, et Valérie Peisson, 1ère adjointe à la Ville de Manosque
- - Visite de la Maison Giono, avec l’équipe d’accueil du site

Aucun commentaire
Un message, un commentaire ?
Pour participer et poster un commentaire, merci de vous identifier :
Connexion Adhésion