Isolation en matériaux biosourcés dans la construction bois : le point sur la réglementation

Envirobat BDM ? participe au groupe de travail national « Matériaux biosourcés et réglementations incendie » – piloté par l’association Construction et Bioressources et supervisé par le Ministère du Logement (DHUP). Nous y contribuons par notre action au sujet des règles constructives liées au risque d’incendie de forêt. Cela nous permet aussi d’être au fait des dernières avancées techniques et réglementaires sur ces questions.

La situation actuelle
Actuellement, les ERP et les bâtiments de 3e famille (et plus généralement l’ensemble des constructions soumises à un contrôle technique) font l’objet de l’application de l’Instruction Technique 249 pour les murs en façades. Dans les constructions à ossature bois, l’instruction technique impose entre autres que l’isolant intégré entre les montants ait une réaction au feu minimum A2-s3 d0, classement que seules certaines laines minérales atteignent.

Il est possible d’autoriser l’usage d’isolants ayant une réaction au feu différente, mais à condition de faire réaliser un essai au feu sur un système constructif complet, et que cet essai soit concluant. Pour le moment, un seul essai au feu avec des matériaux biosourcés et du bois a été réalisé dans le protocole dédié – le fameux essai « bois & paille » sur le système constructif élaboré par Olivier Gaujard – qui a été conclu par une autorisation en bâtiment R+2.

Vers des évolutions
Des essais au feu ont été réalisés par le CSTB et le FCBA dans le cadre du « plan bois ». Les études et les essais ont permis d’améliorer la protection des murs à ossature bois avec un bardage bois dans le cas d’une transmission de l’incendie par les façades, grâce à des solutions techniques spécifiques. Citons entre autres :

  • L’épaisseur et la masse volumique du bardage bois,
  • La mise en place d’un « fire stop » (baguette intumescente) dans la lame d’air du bardage,
  • La mise en place d’une couche assurant la fonction d’écran de protection thermique située derrière le bardage et devant les éléments porteurs (plaque ou isolation en laine de roche),
  • L’élargissement des déflecteurs de flamme (languettes métalliques),
  • Les détails des ébrasements de baies.
    Rappelons également l’importance de l’étanchéité coupe feu des jonctions façade-dalle.

Ces essais n’ont pas mis en œuvre d’isolants biosourcés, mais ils ont établi que les paramètres influençant la résistance au feu sont indépendants de la nature de l’isolant. Cela permet donc de présumer de résultats concluants avec des isolants biosourcés intégrés à l’ossature bois.

En outre, d’autres essais sur maquettes ont été réalisés pour vérifier la tenue des plaques de plâtre devant des ossatures bois face à un incendie intérieur (en paroi et plancher), devant différents types d’isolants dont de la laine minérale et des isolants biosourcés : ouate de cellulose, fibre de bois, laine de chanvre, laine de mouton. Les résultats sont concluants : la tenue des plaques de plâtre est équivalente qu’elles soient en œuvre devant la laine minérale ou bien devant les isolants biosourcés.

En conclusion, les freins réglementaires limitant l’usage des isolants biosourcés dans la construction bois et en isolation par l’extérieur n’ont pas encore été levés. En revanche, de récents essais effectués par le CSTB et le FCBA nous permettent d’envisager des évolutions. Pour les concrétiser, le groupe de travail et le ministère du logement se dirigent vers une action semblable au « plan bois », dans laquelle les essais au feu nécessaires seront réalisés. Les rapports d’essais réalisés dans le cadre du plan bois peuvent d’ores et déjà être mis à disposition des professionnels des matériaux biosourcés pour qu’ils puissent défendre leurs solutions constructives dans leurs projets.

Jean-Brice Cordier, Envirobat BDM, participant au groupe de travail « Matériaux biosourcés et réglementation incendie » – 30/03/2015

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